Réclamation 3

Objet : Opposition au projet dans son état actuel sis au Rue du Noyer 211 – Rue des Patriotes 81 – Avenue de Cortenbergh – Rue Newton

Dossier Ref. PU/SV N224/2014 , PE MS N6322014;

Observations:

Par la présente, je souhaite exprimer mon opposition au « projet Newton » dans ses dimensions actuelles, notamment en ce qui concerne la hauteur des bâtiments du complexe envisagé.

Les raisons de mon opposition sont les suivantes :

  1. La hauteur du bâtiment de 15 étages serait clairement disproportionnée par rapport à la hauteur moyenne des bâtiments avoisinant le terrain et en contradiction avec la typologie du bâti environnant, qui est composé de maisons de maître et de bâtiments n’excédant pas 7 étages. Le respect de cette typologie et du paysage urbain du quartier est bien l’objectif poursuivi par l’Article 8 § 1 du R.R.U. qui dispose que la hauteur d’un bâtiment ne peut pas dépasser « la moyenne des hauteurs des constructions sises sur les terrains qui entourent le terrain considéré ». Il est clair que la hauteur moyenne des constructions avoisinant le lot sur lequel est sis le projet est nettement inférieure à la hauteur des bâtiments envisagés. Bien que le R.R.U. ne définisse pas clairement le périmètre de référence à prendre en compte pour calculer cette moyenne, le Pavillon français ne saurait être pris en compte dans le calcul pusqu’il se situe sur un terrain éloigné qui ne touche pas le terrain sur lequel le projet serait réalisé et qui, ainsi, ne peut pas être considéré comme faisant partie de l’ensemble de parcelles contiguës jouxtant le terrain en question et appartenant au même propriétaire, tel que défini par l’article 2 R.R.U. En tout état de cause, même si le Pavillon français devait être pris en compte, la hauteur moyenne des bâtiments de référence serait bien inférieure au 15 étages plus rez-de-chaussée proposés.
  1. Le Pavillon français est clairement une exception dans le quartier (et non pas la norme) et donc ne peut pas constituer la reference de n’importe quel projet immobilier envisagé dans le quartier. En conséquence, l’argumentation du maître d’ouvrage du projet dans sa demande de permis nous paraît à tout le moins mal fondée sinon absurde car si les dimensions de tous les projets devaient nécessairement répondre au gabarit du Pavillon français, le quartier se transformerait rapidement en un nouveau « Manhattan ».
  1. Les organes compétents pour statuer sur la demande de dérogation sont tenus de prendre en compte l’intérêt public. Il est difficilement concevable qu’un projet d’un tel gabarit dans un quartier résidentiel composé de maisons de maître unifamilales ou divisées en petits appartements puisse répondre à l’intérêt public. Le seul intérêt public qu’on puisse imaginer serait un manque de logements dans le quartier, ce qui ne saurait être le cas, notamment suite à la réalisation passée et en cours de nombreux projets autour du square Marie Louise, sur les chaussée d’Etterbeek, rue Béliard, dans le quartier de la place Jourdan, etc. qui, par ailleurs, comportent de nombreux appartements vides.
  1. L’impact néfaste du projet d’un tel gabarit serait considérable sur la circulation autour de la Place Jamblinne de Meux, la rue Franklin et l’avenue de Cortenbergh, circulation qui est déjà très compliquée: en effet, la place Jamblinne de Meux, la rue Franklin et l’avenue de Cortenbergh sont d’ores et déjà complètement saturées aux heures de pointe.
  1. En outre, le gabarit des tours du projet transformerait le quartier en une zone venteuse, typique de ce que l’on peut observer à proximité de bâtiments de grande hauteur, et créerait une source de nuisance supplémentaire alors que le quartier est déjà traversé par de grands axes routiers.
  1. Il faut aussi tenir compte de l’effet de l’existence de ces tours sur le bâti existant avec notamment une diminution de la luminosité sur la place Jamblinne de Meux, l’avenue Milcamps, la rue Newton et, de manière générale, sur tout le quartier, diminution liée à la présence des tours obstruant la lumière venant du soleil. Les habitants actuels du quartier verraient également une dégradation significative de leur bien être par l’élimination d’une vue dégagée.

De nombreuses erreurs urbanistiques ont été commises dans un passé plus ou moins récent et il me paraît inacceptable que de nos jours un tel projet puisse voir le jour, alors que nous avons conscience de notre devoir de préserver la qualité de notre environnement ainsi que la qualité de notre vie, non seulement pour notre propre bien-être, mais aussi pour celui des générations futures.

Je souhaite que la commission chargée de statuer sur le dossier prenne en compte les points soulevés ci-dessus.