Réclamation 9

Suite à l’enquête publique référencé PU/SV N224/2014 et PE/MV N632/2014, je me permets de vous signifier mon opposition au projet ainsi que de vous adresser quelques remarques.
De manière générale, je vous enjoins à prendre en compte l’avis des riverains lors de l’analyse de ce dossier qui n’est clairement pas intégré dans le tissu urbain local.
Sur le principe, je suis étonné qu’un tel projet puisse soulever le moindre débat. Le nombre de restrictions urbanistiques que ce projet demande d’annuler est tellement important qu’aucune dérogation ne devrait être imaginable. Quel message ferait-on passer aux citoyens se voyant parfois refuser un changement de couleur de chassis alors qu’une tour défigurant le quartier serait autorisée.
L’argument de la densification nécessaire de l’agglomération est parfois apporté pour justifier la construction de tours en milieu urbain. Ces mêmes arguments ont conduits dans les années 60 et 70 à la destruction d’un patrimoine mais également d’un paysage urbain varié.
La nécessaire densification de l’habitat est possible par d’autres moyens moins visibles, moins rentables pour les promoteurs mais tout aussi efficaces. Je pense par exemple à la facilitation de séparation de maisons unifamiliales souvent trop grandes en appartement (notez au passage que ces séparations sont souvent découragées par les départements d’urbanisme communaux) et à la constructions de plus d’immeuble bas et intégrés de manière respectueuse avec les quartiers et les riverains. Voyez par exemple l’exemple réussi de la rénovation de la caserne Dailly, dans le même quartier.
En ce qui concerne la qualité architecturale du projet, de nombreux points méritent d’être soulevés.
La hauteur de la tour est bien entendu le point bloquant. Il est choquant de laisser croire que la hauteur du Pavillon Français puisse être utilisé comme norme de hauteur quand tous les bâtiments construits depuis les 100 dernières années dans le quartier sont alignés sur la hauteur de maisons, ce qui confère au quartier son aspect préservé. Le Pavillon Français est la seule exception, témoignage d’une époque révolue. Même l’Avenue de Cortenbergh a un tissu urbain consitué d’immeubles limités à R+6/7 étages (c’est à dire nettement moins que ce projet).
De plus, la partie élevée du projet est située sur le coin avec la Place de Jamblinne de Meux au lieu d’être orientée le long de l’avenue de Cortenbergh.
Parmi les autres projets considérés par le promoteurs, d’autres s’intégraient nettement mieux dans le quartier (même si trop imposants).
Par rapport à l’intégration au quartier, il a été confirmé par le promoteur (durant la réunion de concertation avec les riverains) que le projet a été conçu en lieu avec le projet Schuman One. Ce projet projetait de limiter la circulation dans l’Avenue de Cortenbergh (par la prolongation du tunnel Reyers juqu’au tunnel Loi). La traversée imaginée entre l’Avenue Milcamps et le Parc du Cinquantenaire (via la rue Léonard de Vinci) n’est envisageable que couplée à ce projet. En effet, l’Avenue de Cortenbergh est actuellement une ‘autoroute urbaine’ qui ne permet pas de lien continu.
Le projet Schuman One ayant été annulé par les autorités, ce passage n’est donc pas réaliste et le projet perd de sa pertinence.
Quant à la mobilité, même si le nombre de places de parkings pour les résidents était suffisant et stable par rapport au bâtiment précédent, il faudrait prendre en compte la globalité du charroi. Dans le bâtiment actuel, un grand parking extérieur permettait les livraisons et le stationnement de visiteurs, ce qui ne serait plus le cas. Cela, d’autant plus qu’un immeuble à appartements va multiplier les livraisons, visiteurs et autres par rapport à un immeuble de bureaux.
A cela, on doit également rajouter le trafic lié aux éventuels commerces ou crèches qui seront installés au rez-de-chaussée.
Tout cela va augmenter la pression automobile sur le quartier qui est déjà saturé matin et soir.
Finalement, quelle crédibilité peut-on accorder à un promoteur qui voudrait vendre un projet censé être de grande qualité et durable mais qui veut détruire le bâtiment actuel, qu’il a construit il y a à peine une trentaine d’année…
En conclusion, je vous prie de renvoyer le promoteur de ce projet à ses études afin qu’il propose un projet réaliste, intégré dans le quartier et respectant les normes en vigueur . Nous ne voulons pas que notre quartier devienne le symbole du retour dans le passé peu glorieux de la construction de tours à Bruxelles.