rue du Noyer (côté Schaerbeek)

La rue du Noyer constitue la limite entre la commune de Schaerbeek et la ville de Bruxelles. Seuls ses numéros pairs sont situés sur le territoire de la première.

Longue, l’artère débute chaussée de Louvain et aboutit, à la limite de la commune d’Etterbeek, au carrefour formé par la rue Leys, l’avenue de la Chevalerie et les rues Gérard et de l’Orme. Ces trois dernières artères sont situées en tout ou en partie sur le territoire d’Etterbeek. Sur son parcours, la rue du Noyer longe deux places schaerbeekoises, celle des Chasseurs Ardennais et la place de Jamblinne de Meux. Elle coupe ensuite la place Wappers en son milieu. En grande partie rectiligne jusqu’à l’avenue Milcamps, la rue décrit ensuite une légère courbe.


La rue du Noyer vers 1836, détail du Plan parcellaire de la commune de Schaerbeek avec les mutations jusqu’en 1836, dressé par Ph. Vandermaelen (© Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles, Section Cartes et Plans).

La rue du Noyer est établie sur l’assiette d’un ancien chemin, dit Notelaer Straet. Avant l’annexion du site du futur quartier Nord-Est par la Ville de Bruxelles en 1853, cette artère courait entièrement sur la commune de Schaerbeek, parallèlement à la frontière avec ce qui était alors le territoire de Saint-Josse-ten-Noode. Du côté de la chaussée de Louvain, le chemin était longé au sud par un cimetière établi suite à un édit de 1874 (voir rue du Noyer sur Bruxelles Extension Est).

La dénomination de rue du Noyer est attribuée en date du 16.05.1865 par arrêté du Collège de la Ville de Bruxelles. L’artère n’étant alors qu’un chemin, seulement pavé entre la chaussée de Louvain et l’entrée du cimetière, la Ville envisage de l’améliorer et l’élargir. La rectification de son tracé côté bruxellois, moyennant la suppression du cimetière, devenu exigu, est inclue dans le plan d’aménagement du quartier Nord-Est, approuvé par l’arrêté royal du 20.12.1875. Côté schaerbeekois, le plan d’alignement et de nivellement, adopté par le Conseil communal en séances des 18.09.1877 et 24.12.1878, fait l’objet d’un arrêté royal le 26.02.1880. Celui-ci porte la rue à quinze mètres de largeur.

Le réaménagement de l’artère tarde cependant, à cause de longues négociations entre la Ville et la Commune, ainsi que de retards dans le déblai du cimetière, qui ne s’effectue qu’entre 1890 et 1893. C’est en 1894-1895 que la rue est nivelée et élargie. Restée courbe, sa partie située entre la rue de la Besace et le carrefour de la rue des Patriotes et de l’avenue Milcamps n’est redressée qu’en 1905.


Rue du Noyer 334 à 338 (photo 2011).

Avant son réaménagement, la rue ne comptait sur le territoire schaerbeekois que quelques constructions, essentiellement implantées vers la chaussée de Louvain, qui ont aujourd’hui presque toutes disparu. Mentionnons toutefois deux maisons néoclassiques conçues en 1886 au no292-294, ainsi que le no338, une habitation à tourelle établie en 1893 derrière un jardinet. Elle sera remaniée en style Art Déco en 1927 (architecte G. Ligot). Conçues en 1897, ses voisines, les nos334 et 336, s’implanteront encore suivant son alignement.

La rue se bâtit entre 1895 et 1914 de maisons unifamiliales ou de rapport d’inspiration néoclassique ou de style éclectique, souvent dotées d’un rez-de-chaussée commercial ou d’un atelier ou entrepôt arrière. Certaines sont conçues en ensemble, comme les nos220 à 232-238 (voir ces numéros) ou les nos314 à 322, cinq maisons analogues de 1910. Parmi les constructions de style éclectique, citons les nos76 (1914), 330 (vers 1910) et 346 (architecte G.Cochaux, 1905).


Rue du Noyer 314 à 322, détail des façades (photo 2011).

Les parcelles restées vierges sont pour la plupart bâties durant l’entre-deux-guerres, d’immeubles à appartements teintés d’Art Déco. Sur la partie arrière d’une vaste propriété arborée établie avant 1870 à l’angle de l’actuelle place de Jamblinne de Meux sont conçues en 1929 par l’architecte Léon David deux maisons de style Beaux-Arts (nos258 et 260) puis, l’année suivante, un vaste ensemble à logements multiples dénommé «les Pavillons Français» (voir no282-282b). Après-guerre sont construits quelques nouveaux immeubles à appartements, remplaçant souvent des maisons.

Au no20 se dresse depuis 2003 une église syriaque (architecte Costa Linos). Elle remplace un édifice ouvert en 1895 en tant qu’église provisoire de la nouvelle paroisse du Sacré-Cœur, dont la création est approuvée l’année suivante, par l’arrêté royal du 27.10.1896. Prévue dès 1875 sur le plan d’aménagement du quartier Nord-Est, l’église définitive devait s’implanter au square Marguerite, sur le territoire de Bruxelles. Elle ne sera finalement bâtie qu’en 1909 dans une rue proche du square (voir rue Le Corrège 15a-17, 17a-19a). Édifiée en retrait de l’alignement, l’église provisoire est alors transformée en salle de fêtes paroissiale en 1912 par l’architecte Gaston Van Woestenbergh. Plusieurs fois modifié, le bâtiment est désaffecté à partir des années 1980.

 

Archives
ACS/Urb. 20: 201-18-22; 76: 201-76-78; 258, 260: 210-258-260; 292-294: 210-292-294; 314 à 322: 210-314-324; 334, 336: 210-334-336; 338: 210-338; 346: 210-346.
ACS/TP 210.
ACS/TP Infrastructure 161.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1892, pp. 133, 531-532, 913.
AVB/TP 1876, 16520, 29039.
AVB/Répertoire des noms de rue.